Le Silence à La Bergerie

« Il y a un temps pour se taire et un temps pour parler » (Ec 3:7)

La charité donne sens au silence et est le but du silence.

Le Verbe s’est fait chair

Notre écoute doit sans cesse se conformer à la Parole de Dieu, notre silence à ce que Dieu dit.

Un état d’esprit

C’est un état qui indique le règne de la paix du corps et de l’âme, le fait d’être avec Dieu, d’être uni à Lui.

 

SOMMAIRE
Le silence pendant la Retraite et Fondements et fruits du silence : Plusieurs sortes de silence – Le silence, est un état d’esprit – Le silence, est une ascèse –  Silence et conversion – Silence acétique et mystique – Raisons de se taire – Jésus et le silence – Le silence signe d’une grande maturité humaine – La charité donne sens au silence 

Silence pendant la Retraite

Pour vivre pleinement votre retraite spirituelle à “la bergerie”, il est demandé aux retraitants d’être dans une attitude de silence. Cette disposition vous permettra de rentrer dans un silence intérieur et donc d’être plus attentif et plus réceptif à la manière dont la Parole de Dieu et plus largement l’Esprit Saint vous rejoint.

C’est pourquoi, il vous ait demandé :

  • Ne pas converser avec les personnes présente à la Bergerie sauf auprès du personnel de la maison en cas de nécessité.
  • Ne pas utiliser votre téléphone portable, Internet.

Fondements et fruits du silence

Plusieurs sortes de silence

Il y a plusieurs sortes de silence, car il y a plu

sieurs manières d’écouter. Il y a, en effet, une écoute intérieure, du cœur, et une écoute extérieure, avec l’oreille. Il y a une écoute contemplative et une écoute ascétique. Une écoute qui est une grâce, un don, qui est mystique. Une écoute qui nécessite un effort physique, un effort de la volonté, qui est le fait de se taire. Le silence exprime donc, implicitement, une attitude et un état d’esprit, il est révélateur de l’être, comme la parole qui révèle ce qui habite celui qui parle.

Le silence est une parole. Une parole qui nous invite à écouter ce qui s’entend, ce qui se dit, ce qui est extérieur à nous-même. Une parole qui nous invite à écouter ce qui se passe au tréfonds de notre cœur, à découvrir la présence de Dieu en nous. Une parole qui nous invite à nous taire, à faire l’unité, la paix en nous, à faire un tri des pensées, des images, des désirs qui assaillent notre intériorité. Le silence est une parole qui nous invite à faire le lien avec l’unique Parole nécessaire, Dieu.

Le silence, est un état d’esprit

Le silence, c’est l’absence de bruits, de paroles. Mais, c’est aussi, au milieu des bruits, des paroles, l’absence d’agitations intérieures, en prière comme au travail, c’est l’absence de pensées susceptibles de rompre le lien intime avec Dieu, de court-circuiter l’action de l’Esprit Saint qui œuvre en nous et nous permet de vivre en paix en nous-même et avec les autres. C’est un état qui indique le règne de la paix du corps et de l’âme, le fait d’être avec Dieu, d’être uni à Lui.

Le silence, est une ascèse

Cependant le silence, quand on en fait l’expérience, avant d’être perçu comme une grâce, un don, est perçu comme une ascèse, une difficulté. Aujourd’hui, il faut parler pour exister, il faut du bruit, de la musique pour meubler le temps et l’espace, le temps occupé à travailler, à manger, etc…, l’espace que l’on habite à plusieurs, où l’on côtoie des personnes que l’on refuse de connaître, d’aimer, avec qui on ne veut pas parler. Le silence peut nous rendre étranger, indifférent les uns par rapport aux autres… Le silence fait monter les pensées, les souvenirs, et avec les angoisses, les culpabilités, les murmures, les rancunes. Bien souvent, le silence ne conduit pas à la paix, mais à la guerre… On ne veut donc pas faire silence, ni en soi, ni au-dehors.

Silence et conversion

Mais, sans considérer ces difficultés du silence dues aux problèmes de l’existence et à l’histoire de chacun, le silence est une ascèse, il peut être voulu, car le propre de l’homme, c’est de parler, non d’être muet. La parole est un don de Dieu qui caractérise l’être humain par rapport aux animaux, qui lui confère l’intelligence suprême et le pouvoir. Dieu lui-même est Parole : « Le Verbe s’est fait chair ». Dieu parle et crée avec sa Parole, avec ce qu’il est. Dieu est aussi silence quand on ne le perçoit plus à l’intime de nous-même, parce que notre écoute n’est peut-être pas la bonne écoute, notre écoute n’est pas obéissance, elle n’est pas ouverture. L’amour de Dieu peut aussi se dérober à notre intelligence, à notre capacité d’entendre, parce que nous sommes pauvres, petits, limités, parce que la foi consiste à perpétuellement convertir son cœur, c’est-à-dire son écoute pour que notre écoute soit vraie, obéissance à la Parole divine et non interprétation de la Volonté de Dieu, pour que notre vie soit un témoignage. Notre écoute doit sans cesse se conformer à la Parole de Dieu, notre silence à ce que Dieu dit.

Silence acétique et mystique

Les significations des verbes latins silere et tacere sont intéressantes et illustrent bien ce qui précède. Dans l’usage courant, ces verbes étaient interchangeables, mais tacere désigne l’arrêt ou l’absence de la parole dans une situation donnée, tandis que silere a un sens plus profond et plus général de tranquillité, d’absence de mouvement et de bruit. Il en est de même dans la langue grecque pour les verbes sigân, « être en silence », et siôpân, « se taire, ne pas parler sur ceci ou cela ». Les substantifs silentium et sigè se prêtent à être utilisés dans un contexte religieux comme expression de ce qui est la divinité, ou comme attitude humaine en face de la divinité. Par contre le mot taciturnitas ne correspond pas exactement au sens du verbe tacere. Son sens est plutôt péjoratif, car celui qui est taciturne est peu sociable. Les termes silentium et sigè, taciturnitas et siôpe révèlent les caractères du silence qui, dans le premier cas, est mystique, grâce, paix intérieure, union intime avec Dieu, contemplation de Dieu ; dans le deuxième, ascétique, arrêt volontaire de la parole.

Raisons de se taire

S’il y a plusieurs silences, il y a aussi plusieurs raisons de se taire, de faire silence. On peut se taire à cause du trouble de l’âme (Eze 3:15, Da 10:15, Lu 9:36), l’irritation contenue (2Ro 18:36, Ps 4:5), la douleur (Ge 34:5, Le 10:3, Ps 39:3, Am 8:3, Eze 24:17), le désespoir (Job 13:19), le tact (Job 13:5,2Ro 2:3,5), l’attention (Esa 41:1, Ac 21:40), le respect (Job 29:21, Sir 13:23, 1Co 14:28,30,34,1Ti 2:11), l’adoration (Hab 2:20, Soph, 1:7, Za 2:13), la foi disciplinée, l’espérance patiente (Ex 14:14, Ps 37:7, La 3:26-28), l’attente anxieuse (Hab 3:16, Ap 8:1), la prudence plus ou moins calculée (Pr 11:12, Sir 20:1, Am 5:13) ; à cause aussi de la lâcheté (Est 4:14), de la résistance au repentir (Ps 32:3), de l’impuissance devant un argument sans réplique (Lu 14:4, Mt 22:34,46,1Pi 2:15), du pécheur pris en faute (Mt 22:12), de la honte (Esa 47:5).

Mais la raison de se taire pendant la retraite c’est d’être dans les dispositions qui permettent d’aller à l’intime du cœur. On se tait parce que l’on veut vivre dans le secret du cœur une union avec Dieu. […] On se tait pour écouter, s’écouter. Pour écouter Dieu et les autres, pour recevoir la Parole, laisser l’autre nous parler, dire ce qu’il a à dire, à nous dire. On se tait par respect de l’autre, à cause de la charité. Le silence n’est donc pas seulement une grâce à recevoir, puisque faire silence, c’est aussi une décision à prendre, et une décision qui conduit à la grâce du silence, au don de la paix intérieure, à l’écoute mutuelle, c’est-à-dire à l’amour.

Nous avons dit plus haut que le silence est une parole. Il l’est en effet, parce qu’il dit « quelque chose », il est un signe. Comme l’obéissance, le silence est un signe d’humilité et de charité, c’est un signe évangélique plus édifiant que tout discours. C’est ainsi que les Pères du Désert, dans leur enseignement sur « l’art de la discrétion », nous invitent à être muet, comme aussi à être aveugle, sourd ; ceci pour éviter de répondre, de juger de façon inopportune. […] Le silence, c’est de l’amour. Si la parole tue, le silence lui peut redonner la vie et la dignité à une personne.

L’obéissance est un renoncement à sa volonté propre, une disposition d’esprit qui rend disponible pour faire la volonté de Dieu, c’est l’exercice de la liberté. […] C’est s’ouvrir, et non se fermer, contrairement à ce que l’on pense.

Jésus et le silence

Jésus est un modèle de silence et de parole. Jésus, c’est le « Verbe fait chair », la Parole vivante de Dieu. Ce qui est étonnant quand on lit les Evangiles, c’est de constater que Jésus a d’abord vécu dans le silence, et dans l’ombre, c’est-à-dire dans le secret du vouloir du Père ; enfant, infans, sans parole, il a d’abord été à l’école de Marie et Joseph, à celle de l’écoute où il a appris à être homme. Lorsque l’on réfléchit sur les trente premières années du Christ, on comprend mieux la valeur, ou plutôt l’impact, des paroles qu’il adresse à ses disciples, aux malades, aux savants, aux docteurs de la Loi, car si le Fils de Dieu est passé par l’expérience du silence, celle d’être sans parole, d’être enfant, c’est que la parole n’est pas un pouvoir mais un don qui se révèle au fur et à mesure que l’on grandit, que se forme notre intelligence, c’est que la parole passe par un apprentissage de la vie, de l’écoute. Jésus silence, lorsqu’il est sans parole, lorsqu’il n’est qu’un enfant, est écoute.

Plus tard, lorsque Jésus inaugure sa vie publique, quand il est à l’école de son Père céleste, c’est-à-dire au service de sa volonté, il parle et pose des actes : quand il appelle ses premiers disciples, quand il guérit des malades, libère des possédés. Tout ce que fait et dit Jésus ne fait qu’un. La parole est un acte, elle ne reste jamais sans effet. […]

Jésus, par sa parole, apaise les tempêtes de la mer, la violence qui habite les hommes, des possédés, il libère par les mots-clés qui pardonnent, dénouent intérieurement. Cependant, il n’hésite pas à se retirer seul au désert, à entrer dans le silence. Devant les hommes qui veulent le piéger par sa parole, Jésus préfère se taire plutôt que de juger une femme adultère. Les mots ne doivent pas remplacer les actes, ni les actes contredire ce que l’on dit. Jésus nous enseigne en ce sens à être en vérité. Jésus nous apprend aussi à agir dans le secret, le silence, à ne pas faire du bruit par nos bonnes actions. […]

Jésus est un modèle de silence et de parole, c’est-à-dire un modèle d’humilité et d’obéissance, d’écoute. Quand Jésus parle, ce n’est pas de lui-même, pour lui-même, pour sa gloire, mais c’est toujours habité par la sagesse de son Père, son Amour, c’est pour transmettre le don de la Vie éternelle. Jésus nous prévient et nous invite à la vigilance : l’excès de parole est mauvais, peut nous faire basculer dans le mal. Il faut donc être capable de se taire, d’être simple. Chercher le silence, c’est chercher le bien. Jésus l’affirme : « Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche de l’homme qui souille l’homme, mais ce qui sort de sa bouche ». La parole peut en effet faire des dégâts dans la vie d’une personne, souvent plus qu’un geste violent. Jésus ne lésine pas sur les mots, il traite d’homicide celui qui insulte son frère. Ce qui veut dire que la parole doit être charité.

L’amour est la seule raison pour laquelle Dieu parle et se tait. Se taire, plutôt que de dire du mal, c’est aimer. Ecouter, c’est aimer. L’écoute et le silence, comme l’amour, donnent la vie, la paix. […]

Le silence signe d’une grande maturité humaine

Le silence est un acte d’humilité, une attitude intérieure, un signe révélateur d’une véritable liberté et d’une grande maturité humaine. Le bon usage du silence et de la parole n’a pour but que le bien commun et la paix du cœur. Le silence n’est donc pas séparation, indifférence mais bien plutôt respect et communion profonde, source de charité, humilité, simplicité de cœur.

La charité donne sens au silence

Il est un chemin de pacification, d’unification intérieure, de pureté du cœur, de conversion. […]

Le silence est un chemin de paix et de prière, et il est communion, amour de Dieu et du prochain. Le silence créait une solitude intérieure, relative, un espace intérieur pour rencontrer Dieu, un espace pour la prière. […]

Le silence est amour. Il nous tourne vers Dieu, car c’est un moyen qui nous permet de L’écouter, de Lui parler, de nous rendre disponible pour les autres, pour aimer. La charité donne sens au silence et est le but du silence.

Le silence est une grâce qui pacifie intérieurement : il unifie. Chemin de paix, il est chemin de communion à l’intime du cœur.

Le silence purifie. Faire taire les pensées, éteindre les excès de notre imagination, les appels de nos désirs, tout cela crée « en nous en cœur pur, capable de Dieu », d’écoute, d’amour vrai.

Adaptation d’un article de Sœur Marie-Benoît, moniale cistercienne Abbaye Notre-Dame du Rivet.

La parole est du temps, le silence est de l’éternité. La pensée ne travaille qu’en silence ; la vertu n’agit qu’en secret

Le silence, c’est de l’amour

C’est s’ouvrir, et non se fermer, contrairement à ce que l’on pense.

Le silence est une parole

Une parole qui nous invite à écouter ce qui s’entend, ce qui se dit, ce qui est extérieur à nous-même.Une parole qui nous invite à écouter ce qui s’entend, ce qui se dit, ce qui est extérieur à nous-même.

Je suis venu ici me plonger dans la vie spirituelle!

et c’est cela que j’ai trouvé! Grâce ​au calme, ​à l’environnement, aux merveilles de la nature​, à tous les enseignements et aux méditations dont nous avons bénéficié grâce à la façon de faire de saint Ignace, ma vie spirituelle s’en est trouvée ressourcée. 

Joëlle

 

nous sommes des combattants de l’amour et ici c’est un peu comme une salle d’armes où on apprend à vivre ce combat de l’amour avec le Christ​, sans crainte mais plutôt en enfant de Dieu.

Jean Maurice

 

Chaîne Vidéos

Je suis venu chercher le tout et j’ai trouvé j’ai trouvé le tout.

Patrice

 

Je ne savais pas ce que voulait dire “exercices de saint Ignace” mais j’avais juste cette attente de pouvoir écouter mon seigneur en toute intimité.

Yvelyne